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Mastiff tibétain : comment l’introgression génétique a créé des champions de haute altitude

by Peter

Comment les Mastiffs tibétains sont devenus des champions de haute altitude

Introgression adaptative : un raccourci génétique

Le Mastiff tibétain, avec son col shaggy distinctif et sa stature imposante, prospère dans l’air mince en oxygène du plateau tibétain, un environnement qui pose des défis pour la plupart des animaux. Mais comment ces chiens ont-ils acquis les adaptations nécessaires pour conquérir de telles conditions extrêmes ?

Entrez dans l’introgression adaptative, un phénomène où une espèce obtient des traits avantageux en se reproduisant avec une autre espèce mieux adaptée. Le généticien Zhen Wang des Instituts de Sciences biologiques de Shanghai soupçonnait que les Mastiffs tibétains avaient emprunté ce raccourci évolutif en s’accouplant avec des loups gris, animaux déjà adaptés aux hautes altitudes.

Dévoiler les secrets génétiques

Pour tester son hypothèse, Wang a analysé les gènes des Mastiffs tibétains, à la recherche de variations génétiques uniques associées au succès en haute altitude. Il a également examiné les génomes de 49 espèces canidées vivant près du plateau tibétain, y compris les loups, les chiens et les chacals.

Son équipe a découvert deux variantes génétiques spéciales partagées exclusivement par les Mastiffs tibétains et les loups gris : les gènes HBB et EPAS1. Ces variantes fonctionnent en tandem pour améliorer l’efficacité de l’oxygène et prévenir la coagulation sanguine en haute altitude.

Le rôle des gènes HBB et EPAS1

La variante du gène HBB augmente la capacité de transport d’oxygène de l’hémoglobine, la protéine des globules rouges responsable du transport de l’oxygène dans tout le corps. Cette adaptation permet aux Mastiffs tibétains d’extraire davantage d’oxygène de l’air rare en altitude.

La variante du gène EPAS1, quant à elle, favorise la croissance des vaisseaux sanguins tout en supprimant la production globale d’hémoglobine. Cela empêche le corps de surproduire l’hémoglobine en réponse à de faibles niveaux d’oxygène, réduisant ainsi le risque de caillots sanguins et d’AVC.

Un rebondissement surprenant dans l’histoire évolutive

L’étude de Wang suggère que les remarquables adaptations en haute altitude des Mastiffs tibétains ont été acquises relativement récemment, il y a environ 24 000 ans. Cette découverte remet en cause les notions darwiniennes traditionnelles de « survie du plus apte », montrant que les espèces peuvent parfois bénéficier de l’emprunt de gènes avantageux provenant d’autres espèces.

Implications pour d’autres espèces

L’étude des Mastiffs tibétains et de leur introgression adaptative a des implications pour la compréhension de la façon dont d’autres espèces s’adaptent à des environnements extrêmes. Elle met en lumière le rôle des échanges génétiques dans la facilitation de changements évolutifs rapides et suggère que le croisement interspécifique peut être un facteur clé de la survie et de la diversification de la vie sur Terre.

Informations complémentaires

  • Les adaptations en haute altitude des Mastiffs tibétains incluent une efficacité accrue de l’oxygène, un risque réduit de coagulation sanguine et la capacité de résister à de faibles niveaux d’oxygène.
  • L’introgression adaptative a permis aux Mastiffs tibétains d’acquérir ces adaptations en se reproduisant avec les loups gris, déjà bien adaptés aux conditions sévères du plateau tibétain.
  • Les gènes HBB et EPAS1 jouent des rôles cruciaux dans le succès en haute altitude des Mastiffs tibétains en augmentant la capacité de transport d’oxygène et en régulant la croissance des vaisseaux sanguins.
  • L’étude fournit des preuves que les espèces peuvent bénéficier du croisement interspécifique, remettant en cause les vues traditionnelles sur la compétition évolutive.

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